vendredi 20 janvier 2012

Revelata


un songe

en forme

de chapelle

où nus

nous pendions du plafond

nos tribus renfrognées

au parvis

parfois nous nous frôlions

délicieux

en bas le monde austère

puis d’un coup ça m’a pris

défoncer leurs pavés

je les leur ai laissés

pris l’élan pour coucher

la pioche à leurs fossés

j’ai ri

senti

ma peau à la tienne

avec son feutre



jeudi 5 janvier 2012

Travelling


ce n’est pas que je t’oublie

il se trouve que rien ne plie

là où je tends

je vois

des lampées de lumière

puis longtemps

nuit

dans le trait blanc du train

qui va vers toi

pourtant plus familière

aux étrangers

de frère n’en ai pas

j’ai fait de l’amour

du vent

and I am

dancing with Frida Kahlo



lundi 26 décembre 2011

heure impaire


dans mon rêve onze heure onze

et dans tes yeux passée

une ombre de la mort

pouvais plus embrasser

par là où tu allais

un des fils est venu

celui pressé de vivre

un autre à son affaire

les gammes du troisième

la jeune fille tissait

quand toi tu t’arrêtais

personne ces temps ci

n’a de temps pour mourir

tous ces chats à fouetter

toi

même plus n’effleures

abandonnes nos rêves

sues dans tes oreillers

lasse des sangs mauvais

mais j’ai bien entendu

ta voix revenir dire

la musique avant toute chose



jeudi 8 décembre 2011

le froid vint


est venu

pas d’où on l’attendait

né d’alliances aberrantes

la faisant

si légère

presque éteinte

à peine murmurant

de son ciel antérieur

le grand voyage peut-être ?

le sapin serait faux

les galettes pas prêtes

riant encore un peu

le chat faisait la gueule

et ce rêve où j’étais

quand tu viendras demain

je te raconterai



mardi 29 novembre 2011

Gothiques


d’Allemagne elle a pris

l’écureuil empaillé

le miroir ondoyant

l’armoire

avec son camphre

les plantes qui guérissent

des rubans des boutons

fils de laine

tabliers

cuillères en bois usé

recettes sympathiques

la lumière vibrante

qu’ont là bas les forêts

et des douleurs du monde

qu’ils avaient attrapées



mardi 22 novembre 2011

Poussière


le légionnaire

fait la guerre

il tue

pourfend

refait la plaie

celle à son ventre

quand un dimanche

tout vertical

son paquetage

resté plié

il crève le ciel et crie

Maman !



vendredi 18 novembre 2011

Forgotten


je voulais faire

une chanson

j’ai l’air de rien

mes mots sont tus

n’ont plus de toit

quand ils tutoient

de moi le vide


j’ai dû toucher ta peau

trop loin

ou bien trop près

quand tu dormais

j’ai vu les os

mordu la chair

j’ai pris la route


j’ai avalé

quelques cailloux

du goudron chaud

dessous mes pieds

après

aux nuées liquides

des oiseaux

me suis pendue


j’ai pas volé

je suis restée

sur le carreau

avec l’odeur

passée des fruits

que l’on n’est pas

venu cueillir



jeudi 3 novembre 2011

Echo


ce son que tu faisais

au cristallin de moi

me ramenait l’éclat

d’une parcelle

pure


à peine un souffle humide

dégagé à ma tempe

me parlait d’un dedans

si ancien

tellement

où fouissent mille langues

demeurées

étrangères


comment je voulais être au monde

accrochée

like mad

à ce morceau de toi

que je cherche

partout



vendredi 21 octobre 2011

Procession de soi


là où le vent nordit où le cuir du talon voudrait se craqueler paumes serrées au rien elle marche évidente comme l’œil brun est brun

il y a du feu pourtant on ne discute plus des pages qu’elle crie de son sort invalide ou du cours du cristal elle glisse demain figurant l’ermitage à la croute d’un lac au gel considérable

l’écharpe des lignées n’aura qu’Isadora



lundi 17 octobre 2011

Rue d'Isly


j’ai oublié

ton iris comme un monde

la découpe des corps

la claire-voie des volets

les mots en demi-tons

combien alors j’aimais

le noir

et puis d’en bas

la rumeur

oublié le frisson

aussi les peaux fondues

comment faisaient les eaux

s’immisçant en lacets

la manne formidable

des cadrans désappris

me restent

un peu de sel au cerne

cristallin

et ce que nous rêvions