vendredi 18 novembre 2011

Forgotten


je voulais faire

une chanson

j’ai l’air de rien

mes mots sont tus

n’ont plus de toit

quand ils tutoient

de moi le vide


j’ai dû toucher ta peau

trop loin

ou bien trop près

quand tu dormais

j’ai vu les os

mordu la chair

j’ai pris la route


j’ai avalé

quelques cailloux

du goudron chaud

dessous mes pieds

après

aux nuées liquides

des oiseaux

me suis pendue


j’ai pas volé

je suis restée

sur le carreau

avec l’odeur

passée des fruits

que l’on n’est pas

venu cueillir



11 commentaires:

  1. une guitare, un camion, une voix nasillarde, un peu, on chante

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  2. brigetoun : comme est douce ta voix tout de suite ...

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  3. brigetoun : et le camion et le reste je vois

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  4. j'aime beaucoup, Kouki, les deux strophes du milieu. Ce sont les plus réussies : les os et les oiseaux.
    Contente de te lire.

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  5. quand tu dormais
    j’ai vu les os
    mordu la chair
    j’ai pris la route

    Ces 4 vers sont sublimes

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  6. « Forgotten » plaque un dernier accord , le couvercle est rabattu. La pianiste se tourne les mains sur les genoux, laisse échapper, une poésie profonde , légère , abstraite comme un dessin de Samivel, une aquarelle de Folon . Les mots sont des gouttes ,notes précises , partition aérienne. Ils installent le silence.Un itinéraire est esquissé, seule avec elle même , la poétesse apprivoise le vide, rêve de grandes envolées « pendues aux nuées liquides des oiseaux »...Tout doucement, elle apprend qu'à l'heure des bilans graves , les mots communs désertent, la nécessite du silence se pose.La poétique, humour en bandoulière,demeure seule en la maison, prête à dire qu'il n'y a pas que mourir ou surir...que naitront d'autres mots. La vie ne dit jamais ces derniers maux, Les sourires et les rires y puisent leurs énergies .

    Variations :Nietzsche Forgotten

    Il te tue toi,
    Toi, têtue,
    Nue
    Tu as mordu
    Dévoré,
    Tu as cru
    Que, pendue
    Aux nuées,
    Tu pourrais échapper

    Tu te tues ,toi
    Tu t'es tue
    Tes mots en toi,
    Ténus
    N'ont pas d'autre toit
    Que toi


    Les mots en toi
    Se sont tus,
    Nettoient,
    Par le vide,
    Enzymes
    D'un nouveau JE,
    Avide,
    Sans rime
    Ni raison,
    Tu es eux,
    Ils sont toi
    Ils chuchotent
    Entre eux
    Qu'ils ne peuvent
    Se passer d'elle,
    Ni toi, d'eux
    Pour voler
    A tire d'aile.
    Ils sont ta voix,
    Tu es leurs yeux,
    Pour des jeux
    De nouveaux Émois.

    Le mot de passe est COMAT, probablement dépassé

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  7. J'aime beaucoup ce nouveau rythme. Nouveau?
    "les nuées liquides des oiseaux"...
    C'est
    beau
    très.

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  8. aléna : oui, que ces deux je trouve aussi :)
    Patrick : suis contente, tout ça n'est pas triste alors que je croyais ... et votre poème j'aime surtout les deux premières strophes. Tout sonne comme je vous entends. Merci :)
    Pluche : pour faire de ce rythme quelque chose, il eut fallu faire péter la première strophe, je le vois bien après votre passage ...
    décidément, j'ai de bons maître de musique avec vous tous !

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  9. Ça chante tout seul, rien à dire, juste écouter et suivre du regard les oiseaux. J'aime.
    Antoine

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  10. Oh suivre les oiseaux c'est un joli cadeau, merci Antoine !

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