je voulais faire
une chanson
j’ai l’air de rien
mes mots sont tus
n’ont plus de toit
quand ils tutoient
de moi le vide
j’ai dû toucher ta peau
trop loin
ou bien trop près
quand tu dormais
j’ai vu les os
mordu la chair
j’ai pris la route
j’ai avalé
quelques cailloux
du goudron chaud
dessous mes pieds
après
aux nuées liquides
des oiseaux
me suis pendue
j’ai pas volé
je suis restée
sur le carreau
avec l’odeur
passée des fruits
que l’on n’est pas
venu cueillir
une guitare, un camion, une voix nasillarde, un peu, on chante
RépondreSupprimerbrigetoun : comme est douce ta voix tout de suite ...
RépondreSupprimerbrigetoun : et le camion et le reste je vois
RépondreSupprimerj'aime beaucoup, Kouki, les deux strophes du milieu. Ce sont les plus réussies : les os et les oiseaux.
RépondreSupprimerContente de te lire.
quand tu dormais
RépondreSupprimerj’ai vu les os
mordu la chair
j’ai pris la route
Ces 4 vers sont sublimes
« Forgotten » plaque un dernier accord , le couvercle est rabattu. La pianiste se tourne les mains sur les genoux, laisse échapper, une poésie profonde , légère , abstraite comme un dessin de Samivel, une aquarelle de Folon . Les mots sont des gouttes ,notes précises , partition aérienne. Ils installent le silence.Un itinéraire est esquissé, seule avec elle même , la poétesse apprivoise le vide, rêve de grandes envolées « pendues aux nuées liquides des oiseaux »...Tout doucement, elle apprend qu'à l'heure des bilans graves , les mots communs désertent, la nécessite du silence se pose.La poétique, humour en bandoulière,demeure seule en la maison, prête à dire qu'il n'y a pas que mourir ou surir...que naitront d'autres mots. La vie ne dit jamais ces derniers maux, Les sourires et les rires y puisent leurs énergies .
RépondreSupprimerVariations :Nietzsche Forgotten
Il te tue toi,
Toi, têtue,
Nue
Tu as mordu
Dévoré,
Tu as cru
Que, pendue
Aux nuées,
Tu pourrais échapper
Tu te tues ,toi
Tu t'es tue
Tes mots en toi,
Ténus
N'ont pas d'autre toit
Que toi
Les mots en toi
Se sont tus,
Nettoient,
Par le vide,
Enzymes
D'un nouveau JE,
Avide,
Sans rime
Ni raison,
Tu es eux,
Ils sont toi
Ils chuchotent
Entre eux
Qu'ils ne peuvent
Se passer d'elle,
Ni toi, d'eux
Pour voler
A tire d'aile.
Ils sont ta voix,
Tu es leurs yeux,
Pour des jeux
De nouveaux Émois.
Le mot de passe est COMAT, probablement dépassé
J'aime beaucoup ce nouveau rythme. Nouveau?
RépondreSupprimer"les nuées liquides des oiseaux"...
C'est
beau
très.
aléna : oui, que ces deux je trouve aussi :)
RépondreSupprimerPatrick : suis contente, tout ça n'est pas triste alors que je croyais ... et votre poème j'aime surtout les deux premières strophes. Tout sonne comme je vous entends. Merci :)
Pluche : pour faire de ce rythme quelque chose, il eut fallu faire péter la première strophe, je le vois bien après votre passage ...
décidément, j'ai de bons maître de musique avec vous tous !
maître S !
RépondreSupprimerÇa chante tout seul, rien à dire, juste écouter et suivre du regard les oiseaux. J'aime.
RépondreSupprimerAntoine
Oh suivre les oiseaux c'est un joli cadeau, merci Antoine !
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